Articles parus dans des ouvrages collectifs
Boutaud A., 2009, « Les indicateurs territoriaux de développement durable » in Zuindeau. (Ed.), 2009, « Développement durable et territoire », Presses universitaires du Septentrion, Villeneuve-d’Ascq, Chapitre 7, à paraître fin 2009
(en savoir plus)
Intro : Dès 1992, l'Agenda 21 de Rio invitait à « élaborer des indicateurs du développement durable afin qu'ils constituent une base utile pour la prise de décisions à tous les niveaux » (UNDSD, 2005). La proposition des Nations Unies fut pour le moins suivie des faits, puisqu'en 2008 Arthur Dahl recensait plus de 1200 référentiels dans les domaines de l'environnement et du développement durable à travers le monde, dont une bonne partie comportait des ensembles d'indicateurs (Dahl, 2008). Ces chiffres donnent le vertige. Ils témoignent en tout cas de l'intérêt grandissant que les acteurs territoriaux portent au développement durable et à sa mesure.
L'objet de ce chapitre ne consistera donc pas à dresser un état des lieux exhaustif des démarches territoriales d'indicateurs de développement durable (IDD). Même en réduisant notre périmètre à l'échelle du territoire français, il serait bien difficile de prétendre à une quelconque exhaustivité, tant les démarches locales se multiplient à vitesse grand V. Nous essaierons donc, plus modestement, de proposer une définition et une typologie des IDD (Partie 1) que nous illustrerons par quelques exemples de mise en œuvre territoriale, en nous attardant d'abord sur les ensembles d'indicateurs non agrégés (partie 2), puis sur les indicateurs agrégés (partie 3).
Boutaud A., 2009, "Le développement durable à l'échelle des territoires : penser le changement ou changer le pansement ?" in Martel C. (dir.), 2009, Agir pour un développement durable, quelle participation citoyenne dans les politiques territoriales ? Synthèse des sixièmes rencontres Petrafolia, 11 et 12 juin 2009, Ed. Les Alpes de Lumières, Forcalquier.pp. 102-107
(en savoir plus)
Résumé des travaux de thèse d'Aurélien Boutaud, présenté dans le cadre du colloque Petrafolia, 11 et 12 jun 2009, Marseille.
Boutaud A., 2008, « Les changements d’approche liés au concept de développement durable (ou le développement durable est-il une tarte à la crème ?) » in Monteventi Weber L., Deschenaux C., Tranda-Pittion M. (dir.), 2008, Campagne-ville, le pas de deux. Enjeux et opportunités des recompositions territoriales, Presses polytechniques et universitaires romandes, Lausanne, pp. 111-124.
(en savoir plus)
Intro : Le développement durable est-il une tarte à la crème ?
On est aujourd'hui en droit de se poser la question. Généralement accompagné d'une cohorte de qualificatifs dégoulinant de bons sentiments (équitable, partagé, solidaire, écologique, participatif, etc.), le développement durable ne pouvait qu'attirer autour de lui un large consensus. A tel point qu'il est devenu en quelques années un élément discursif absolument incontournable pour la plupart des décideurs publics ou privés. Le revers de la médaille est évident : à force de consensus et de bons sentiments, à force de récupérations aussi forcenées qu'opportunistes, le développement durable semble s'être progressivement vidé de son potentiel réformateur - le truculent « bêtisier du développement durable » atteste par exemple de ce phénomène de récupération et de désamorçage. A lire la prose effarante de certaines multinationales - qui semblent assimiler le développement durable à la croissance infinie de leurs gains financiers et de leurs parts de marché - on croit parfois rêver. Alors après tout, si c'est cela le développement durable, autant passer notre chemin tout de suite : inutile de perdre davantage notre temps avec une telle... tarte à la crème !
Mais ce serait sans doute aller un peu vite en besogne. On peut certainement émettre des réserves quant à la pertinence de la notion de développement - cette vieille « croyance occidentale » (Rist, 1999). Cela ne doit pas pour autant nous amener à jeter le bébé (la durabilité) avec l'eau du bain (le développement). Car enfin, s'il y a un potentiel réformateur dans le développement durable, c'est bien davantage dans la « durabilité » que dans le « développement » qu'il faut aller le chercher.
Dans le cadre des préoccupations qui nous intéressent plus particulièrement au sein de cet ouvrage, deux questions se posent alors à nous :
- en quoi, tout d'abord, cette notion de durabilité réinterroge-t-elle fondamentalement nos modes de penser et d'agir en société ? Autrement dit, quels éléments véritablement réformateurs sont contenus en germe dans ce principe de durabilité ? Nous verrons que ce concept renvoie au minimum à trois pistes d'élargissement de la pensée « moderne », qui se traduisent par trois nouvelles formes de réconciliation et, finalement, trois formes de solidarité : solidarité entre l'Homme et la Nature (1), solidarité intergénérationnelle (entre l'homme d'aujourd'hui et de demain : 2) et solidarité planétaire (entre les hommes d'ici et d'ailleurs : 3).
- et en conclusion, en quoi notre façon d'aménager le territoire se trouve-t-elle être particulièrement remise en cause par la durabilité ? Autrement dit, quelles sont actuellement les principales tendances insoutenables de l'aménagement du territoire, et quels changements implique la prise en compte de la durabilité dans ce domaine ?
Autant de questions auxquelles nous allons dès à présent essayer d'apporter quelques éléments de réponse.
Boutaud A. 2006, « L’évaluation du développement durable, du global au local : Penser le changement ou changer le pansement ? » in Lazzeri Y. (dir.), 2006, Les indicateurs territoriaux de développement durable , questionnements et expériences, 2006, L’Harmattan, Paris, Chapitre 1, pp. 29-44
(en savoir plus)
Les outils d'évaluation du développement durable élaborés par les acteurs publics locaux sont susceptibles de nous informer très précisément sur le contenu que ces derniers donnent à ce concept ambigu. Une telle analyse nous montre que le développement durable est avant tout présenté comme un vecteur de consensus, ce qui se traduit par une approche sous la forme du triptyque « économie - social - environnement », dont chaque branche doit être traitée sur un pied d'égalité. Or cette approche locale est discutable si on la resitue dans son contexte global. Pour résoudre une problématique mondiale qui se caractérise précisément par de forts déséquilibres (sociaux, écologiques, etc.), la meilleure solution consiste-t-elle réellement à adopter une approche équilibrée du concept au niveau local. Ne risque-t-on pas d'entretenir de ce fait les déséquilibres globaux ?
Boutaud A., 2006, « Empreinte écologique et développement économique et social », in Jolia-Ferrier L., Villy T. (dir.) L’empreinte écologique, 2006, SAP éditions, Lyon, Chapitre 7, pp. 143-157
(en savoir plus)
Intro : Comme nous avons pu l'évoquer au cours des chapitres précédents, la notion d'empreinte écologique est née d'un constat simple et pourtant largement ignoré des économistes : le système économique (le marché) dépend su système écologique. C'est en effet l'écosystème qui fournit, en amont du cycle économique, les ressources nécessaires au fonctionnement de ce dernier. Et c'est encore l'écosystème qui, en aval du cycle cette fois-ci, sert de réceptacle aux résidus (pollutions, déchets, entropie) générés par ce processus de production et de consommation. L'écosystème joue donc à la fois le rôle de « ressource » et celui « d'épurateur ». Malheureusement, chacun sait que les capacités de l'écosystème à remplir ces deux fonctions ne sont pas illimitées : les ressources fossiles s'épuisent, les pollutions s'accumulent, et tout cela menace à moyen terme l'ensemble des équilibres écologiques de notre planète.
Partant de ce constat simple, l'empreinte écologique tente donc de mesurer de manière synthétique la quantité de ressources nécessaire pour faire fonctionner la « machine économique ». Et puisque les indicateurs économiques classiques ne prennent pas en compte cette réalité écologique, il est donc naturel que l'empreinte soit régulièrement utilisée en complément à certains indicateurs de développement. En définissant d'emblée l'empreinte écologique comme un « outil comptable », les concepteurs de cet outil avaient d'ailleurs certainement dans l'idée de créer, dans le domaine de l'écologie, un indicateur susceptible de contrebalancer les indices qui avaient su s'imposer avant lui dans le domaine de l'économie - et en la matière on songe inévitablement au plus connu de ces « outils comptables » : le Produit Intérieur Brut (PIB). Par bien des aspects, il est vrai que l'empreinte écologique permet de révéler des problèmes auxquels, du fait de notre obsession pour le PIB, nous avions peut-être fini par devenir aveugles...
Boutaud A., 2006, « Aide à la décision pour l’aménagement du territoire : méthodes et outils » in Graillot D., Waaub J-P. (dir.), 2006, Développement durable et aménagement du territoire : le cas des Villes, Editions Hermes Lavoisier, Paris, Chapitre 1, pp. 31-57.
(en savoir plus)
Intro : La ville constitue certainement le terrain d'étude le plus approprié pour illustrer cette difficile problématique de l'aménagement (non)durable. Après avoir connu une certaine hégémonie de la part des tenants du fonctionnalisme au cours des cinquante dernières années, la « science urbanistique » semble aujourd'hui douter. Les évolutions de la « ville moderne » et la tendance naturellement expansionniste de cette dernière sont aujourd'hui la cause de biens des impasses « insoutenables » en matière d'aménagement du territoire - et ce tant sur le plan écologique (consommations d'espace, de ressources, etc.) que social (ségrégation socio-spatiale par exemple). Ce bilan négatif de la ville moderne, sur lequel nous nous attarderons dans un premier temps (1.2.) a permis à un modèle alternatif de progressivement se construire. S'influençant du mouvement de pensée du développement soutenable, le paradigme de la « ville durable » s'est ainsi progressivement constitué en prenant le contre-pied quasi systématique des préceptes fonctionnalistes. Nous constaterons dans la seconde partie de notre exposé que ce modèle de la ville durable pose aujourd'hui encore de nombreuses questions (1.3.), même si quelques éléments de définition commencent à se stabiliser (1.4.).
Boutaud A., Brodhag C., Gondran N., 2004, « Lorsque le développement perd le Nord ! Courbes de Kuznets Environnementales : l’apport des indicateurs alternatifs de type empreinte écologique dans la réflexion sur le développement durable » in OIF – Organisation Internationale de la Francophonie (Ed.), 2004, Développement durable : leçons et perspectives. Actes du colloque scientifique de Ouagadougou préparatoire au 10ème Sommet de la francophonie, Ed. OIF - AUF, 2004
(en savoir plus)
Juin 1992, Rio de Janeiro. Alors que les chefs d'Etat et de gouvernement du monde entier s'apprêtent à dénoncer l'impact néfaste des modes de développement sur l'environnement, un coup de tonnerre médiatique retentit soudainement dans les coulisses du Sommet de la Terre. Surgis d'on ne sait où, des centaines de scientifiques remettent en cause avec virulence le contenu des textes de la Conférence, soupçonnés de reposer sur des « arguments pseudo-scientifiques » et des « préjugés irrationnels ».
L'appel d'Heidelberg a ainsi marqué le renouveau d'une littérature visant à démontrer (de manière scientifique et rationnelle, cette fois-ci) l'hypothèse inverse de celle émise par le Club de Rome au début des années 1970 : à savoir que le développement et la croissance seraient finalement les meilleurs moyens de parvenir à améliorer l'état de l'environnement.
Le présent article fait d'abord un point sur ces débats à partir de la littérature traitant de l'hypothèse des Courbes de Kuznets Environnementales (CKE). Après avoir regroupé les principales critiques dont les CKE font régulièrement l'objet (indicateurs environnementaux trop partiels, indicateurs de développement trop limités, 1)), nous proposons une formulation nouvelle de cette hypothèse en utilisant deux indicateurs synthétiques que sont l'Empreinte écologique et l'Indicateur de Développement Humain (IDH) (2.). Les conclusions que nous en tirons (3.) contredisent l'hypothèse des CKE et font apparaître un phénomène pernicieux : tandis que les pays du Nord « améliorent » la qualité de leur cadre de vie, ils continuent de consommer davantage de ressources... provenant pour partie des pays du Sud !
http://www.francophonie-durable.org/documents/colloque-ouaga-a3-boutaud.pdf